07 juin 2007
L'émeute des étudiants à Zhenzhou
Hier soir, à Zhenzhou, près de l'Institut informatique, 5 agents du Maintien de l'ordre municipal (Chengguan) ont battu une étudiante qui a voulu faire de la vente ambulante. Marchandises renversées, elle a été frappée et a perdu une dent. Ces actes violents a provoqué la colère des centaines d'étudiants aux alentours. Ils l'ont entouré et blâmé ces actes.
L'arrivée de la police n'a pas apaisé la colère des étudiants. Sous la protection de la police, les agents du "Chengguan" se sont montrés plus arrogants à l'intérieur de la voiture en faction. Ces provocations ont incité les étudiants à s'en prendre la voiture de la police. Ils ont soulevé la voiture et l'a fait déplacer de 5 m.
Les renforts de la police commencaient à arrêter les manifestants. Cela jeta de l'huile sur le feu, les émeutiers sont devenus plus nombreux et violents. Ils ont exigé la libération des manifestants, et ont reussi à renverser et bruler la voiture de fonction de Chengguan.
Enfin, la situation a été contrôlé par l'arrivée de C.R.S., l'étudiante blessée est envoyée à l'hôpital. Voici quelques photos de cette émeute. Par rapport au soulèvement de Bobai, ceci n'est qu'une petite manifestation.
Le comportement du Maintien de l'ordre municipal (Chengguan) est beaucoup critiqué en Chine. Cette fonction a été crée à l'origine pour maintenir le bel aspect d'une ville. La définition de ses fonctions est très floue, ils ont très souvent le dessus sur la population de la classe inférieure. Ils ont le droit de chasser les mendiants, confisquer les marchandises sans permis, et éliminer tous les éléments qu'ils jugent nuisibles à l'image de la ville. La façon dont ils exécutent est souvent radicale, on entend même des "Chengguan" qui ont battu à mort des pauvres gens. Ils sont souvent employés comme hommes de main du gouvernement, ils participent aussi dans la démolition et l'expulsion forcée. Voici quelque photo de l'acte de ces fameux "Chengguan".
06 juin 2007
La démolition et l'expulsion de force en Chine
Hier le 5 juin, à 8 heure 30 du matin, à Hangzhou, la maison de Madame Zheng Xiaolan, 83 ans, a été démolie et la famille a été expulsée de force par le gouvernement municipal de Shangcheng District. Le gouvernement a engagé une centaine de personnes, dont la police, les ouvriers, les agents de sécurité.
Madame Zheng est la propriétaire d'une maison de 50 ans, qui fait partie du patrimoine historique, le gouvernement local veut construire une rue commerciale à la place. Selon la fille de Madame Zheng, elle n'a pas encore donné l'accord sur l'indemnisation, et le gouvernement a déjà tenté de les expulser.
Le 11 mai, le bureau de la démolition et expulsion a envoyé un groupe d'agents pour tenté le coup. Madame Zheng était toute seule à la maison, elle a résisté à la mort, celui-ci n'a pas réussi son coup.
Le 23 mai, le gouvernement municipal a renvoyé de nombreux policiers et des agents de sécurité pour démolir la maison. Madame Zheng a refusé de quitter la maison, des habitants des environs sont venu manifester. Les agents n'ont pas réussir à éxécuter le travail.
Aujourd'hui, le gourvernemt a envoyé 4 camions, des policiers (en costume et en civil), des ouvriers (plombiers, électriciens, manutentionnaires), et des agents de sécurité. Ils ont d'abord menacé les familles par des mesures forcées. Craignant ces représailles, Madame Zheng a été envoyé par ses enfants à la campagne pour échapper à ces scènes violentes. Devant les manifestant, les employés du gouvernement ont abattu la porte en fer, déménagé tous les meubles, et les ont installé dans un logement plus modeste.
Voici quelques photos de la démolition et l'expulsion de force en Chine. C'est le quotidien des chinois.
05 juin 2007
La liste de Ding Zilin
C'est une liste de 186 victimes de la nuit sanglante du 3 juin 1989. Derrière chaque nom de cette liste, se cache une vie, s'ils étaient encore présent parmi nous, ils seraient peut-être docteur, directeur, ou chercheur, l'élite de la nation. Derrière ces victimes, se trouve plusieurs familles, qui ont pendant 18 ans combattu pour revendiquer la justice. Ce groupe, est universellement connu comme Mères de Tiananmen.
La représentante de Mères de Tiananmen, Madame Ding Zilin, l'initiateur de cette liste, a perdu son fils pendant l'événement de massacre de Tiananmen, mais elle s'est courageusement redressée pour consoler les autre familles des victimes. Après avoir durement enquêté malgré la pression de l'autorité et les diffamations qu'elle a subies, ce groupe de Mères de Tiananmen a identifié 186 victimes de cet événement et ils ont publié un livre à Hongkong "Les témoignages de Mère de Tiananmen". Je viens de lire certains passages, et mes yeux sont déjà mouillés de larmes. Ces témoignages m'ont touché profondément dans mon cœur. Si un jour, la liberté règne en Chine, je souhaite qu'un film sur ce sujet soit réalisé. Je traduis quelques passages:
- "Les témoignages des Mères de Tiananmen"
J'ai vu le corps de mon fils, je me suis jetée sur lui, j'ai crié 'Xiang Dong, réveille-toi, Maman est là!', J'ai voulu embrasser mon fils, mon fils charmant, mon fils héroïque. Mais il était pâle avec les yeux ouverts. Des jeunes docteurs m'ont soutenu à bras, et m'a séparé de force, j'ai pleuré et crié. J'ai voulu me libérer de ces mains. (Xu Yu, Mère de Wu Xiangdong)
L'après midi du 7 juin, on a couvert le corps de mon fils Long avec le drap tout blanc cousu par ma sœur. Ils craignaient que je ne puisse tenir, et ne me laissent pas approcher Longlong, j'ai crié:"j'ai appris l'anatomie, je n'ai pas peur, je veux voir mon fils!" Le corps de mon fils est déposé devant moi, ma fille s'agenouillait devant son frère et inclinait sa tête sans arrêt, elle a crié:"Mon frère, désolé, on aurait dû rester ensemble ce soir là!" (Su Binxian, Mère de Zhao Long)
J'ai fermé ses paupières de mes mains, j'ai dit:"Mon enfant, suis ton chemin! Maman ira sur ta tombe chaque année pour ton anniversaire." Je n'ai pas pleuré, j'ai un sentiment comme si LongEr était rentré dans mes bras, j'ai embrassé son visage, ses mains, ses pieds froids de mon LongEr, ce froid m'a transpercé le cœur! Tous mes vaisseaux sanguins semblaient gelés, mon corps était insensible. Quand on m'a tenu dans les bras et m'a aidé à me lever, j'ai pris conscience que j'allais quitter mon enfant éternellement! Et là, mes sanglots éclataient. Toute la famille, tout le monde, même des anonymes qui nous croisaient montraient leur affliction. (Zhou Shuzhuang, Mère de Duan Changlong)
Je m'agenouillais devant le docteur:"Je vous en prie, sauvez le, il a une enfant de 7 ans!" Il y avait plein de sang sur moi, le docteur est taché de sang aussi, il m'a dit avec des larmes dans les yeux:"Non, c'est fini, nous avons pris toutes les mesures nécessaires, quand il est envoyé chez nous, il est déjà mourant, il est mort, il est envoyé à la morgue." Mon mari était la première victime qu'ils ont reçue à l'hôpital de Tongren, Docteur Zhao m'a accompagné à la morgue pour confirmer, il m'a montré les clés de la maison sur le corps de Zhiying, mon cœur était brisé totalement. J'ai crié désespérément, l'hôpital m'a donné une piqûre de tranquillisant. Beaucoup de gens de bon cœur m'ont entouré, m'ont consolé. Il y avait même un jeune journaliste qui m'a pris un photo. (Zhang Yanqiu, L'épouse de Wang Zhiying)
04 juin 2007
Une première: commémoration de Mère de Tiananmen
Liu Xiaobo, traduit par quyuan2
Les petits autels
Madame Ding Zilin dépose un bouquet de fleurs devant l'autel
M. Jiang Peikun, Mme. Xu Yu, Mme. Ding Zilin, Mme Ma Xueqin
Mme. Xu Yu et Mme. Ding Zilin pleurent leur peine
M. Jiang Peikun, un visage attristé
Deux Mère de Tiananmen se consolent
Près de minuit le 3 juin 2007, j'ai reçu un coup d'appel de Monsieur Jiang Peikun, il m'a raconté qu'il a rendu hommage à son fils à Muxidi avec Madame Xu Yu et Madame Ma Xueqin.
Le temps se fige vers 11:10 le 3 juin 1989, l'enfant unique du couple Ding Zilin et Jiang Peikun a trouvé la mort à l'entrée du métro près de la fameuse Place Tiananmen. Presque en même temps, Wu Xiangdong, le fils de Madame Xu Yu est tué sur le pont de Muxidi.
Madame Ding Zilin et Madame Xu Yu font partie de "Mères de Tiananmen", pendant 18 ans, elles n'ont pas pu rendre hommage à leur propre fils le jour de leur mort. Chaque année, à cette période, elles étaient consignées à leurs domiciles, ou poursuivies par les agents de la sécurité d'Etat. Cette fois-ci, deux "mères de Tiananmen" peuvent enfin se rendre sur le lieu du massacre pour commémorer l'évènement.
Inimaginable, c'est la première fois depuis 18 ans. Cette commémoration est aussi pour les autres victimes du soir du 3 juin 1989.
Muxidi, est le lieu de massacre le plus atroce de cette époque. Jusqu'à présent, parmi les 180 victimes identifiées par "Mères de Tiananmen", 35 ont été tuées à cet endroit. Il devient un lieu de mémoire pour les familles de victime, et devient aussi un terrain interdit par l'autorité.
Cette nuit, Madame Ma Xueqin est venue participer à la commémoration malgré sa santé préoccupante, sa fille de 19 ans a été tuée à Pékin pendant le massacre. Mais celle-ci a renoncé a cause de sa pénible tristesse et son état cardiaque.
Madame Ding et Madame Xu, ont préparé des fleurs, bougies, bière, et photos de portrait de leur enfant, elles ont créé un simple autel devant l'immeuble où leurs fils sont tombés. Les photos de portrait sont entourées de fleurs, bougies, boissons, fruits que leurs fils préféraient de leur vivant.
Sous le silence, les mères ont versé un verre de bière par terre. Une fois de plus, elles pleurent silencieusement leur chagrin, leur injustice qu'elles ont subies pendant 18 ans.
Combien ont-elles eu envie de crier leur douleur pendant ces 18 ans devant le lieu mortuaire.
Aujourd'hui, elles ont enfin une chance d'y acceder.
A 11 heure du soir, les voitures et les passagers sont encore nombreux dans la rue. Chaque fois il y a quelqu'un qui passe, ils s'arrêtent systématiquement, observent et repartent respectueusement.
le 4 juin 2007, à domicile de Pékin (Cai Chu, Boxun)







































