04 juin 2007
Une première: commémoration de Mère de Tiananmen
Liu Xiaobo, traduit par quyuan2
Les petits autels
Madame Ding Zilin dépose un bouquet de fleurs devant l'autel
M. Jiang Peikun, Mme. Xu Yu, Mme. Ding Zilin, Mme Ma Xueqin
Mme. Xu Yu et Mme. Ding Zilin pleurent leur peine
M. Jiang Peikun, un visage attristé
Deux Mère de Tiananmen se consolent
Près de minuit le 3 juin 2007, j'ai reçu un coup d'appel de Monsieur Jiang Peikun, il m'a raconté qu'il a rendu hommage à son fils à Muxidi avec Madame Xu Yu et Madame Ma Xueqin.
Le temps se fige vers 11:10 le 3 juin 1989, l'enfant unique du couple Ding Zilin et Jiang Peikun a trouvé la mort à l'entrée du métro près de la fameuse Place Tiananmen. Presque en même temps, Wu Xiangdong, le fils de Madame Xu Yu est tué sur le pont de Muxidi.
Madame Ding Zilin et Madame Xu Yu font partie de "Mères de Tiananmen", pendant 18 ans, elles n'ont pas pu rendre hommage à leur propre fils le jour de leur mort. Chaque année, à cette période, elles étaient consignées à leurs domiciles, ou poursuivies par les agents de la sécurité d'Etat. Cette fois-ci, deux "mères de Tiananmen" peuvent enfin se rendre sur le lieu du massacre pour commémorer l'évènement.
Inimaginable, c'est la première fois depuis 18 ans. Cette commémoration est aussi pour les autres victimes du soir du 3 juin 1989.
Muxidi, est le lieu de massacre le plus atroce de cette époque. Jusqu'à présent, parmi les 180 victimes identifiées par "Mères de Tiananmen", 35 ont été tuées à cet endroit. Il devient un lieu de mémoire pour les familles de victime, et devient aussi un terrain interdit par l'autorité.
Cette nuit, Madame Ma Xueqin est venue participer à la commémoration malgré sa santé préoccupante, sa fille de 19 ans a été tuée à Pékin pendant le massacre. Mais celle-ci a renoncé a cause de sa pénible tristesse et son état cardiaque.
Madame Ding et Madame Xu, ont préparé des fleurs, bougies, bière, et photos de portrait de leur enfant, elles ont créé un simple autel devant l'immeuble où leurs fils sont tombés. Les photos de portrait sont entourées de fleurs, bougies, boissons, fruits que leurs fils préféraient de leur vivant.
Sous le silence, les mères ont versé un verre de bière par terre. Une fois de plus, elles pleurent silencieusement leur chagrin, leur injustice qu'elles ont subies pendant 18 ans.
Combien ont-elles eu envie de crier leur douleur pendant ces 18 ans devant le lieu mortuaire.
Aujourd'hui, elles ont enfin une chance d'y acceder.
A 11 heure du soir, les voitures et les passagers sont encore nombreux dans la rue. Chaque fois il y a quelqu'un qui passe, ils s'arrêtent systématiquement, observent et repartent respectueusement.
le 4 juin 2007, à domicile de Pékin (Cai Chu, Boxun)





